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La lune était noire - Michael Connelly

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On avait laissé Bosch aux affres de la psychanalyse ( Le dernier coyotte ). Il repartit ensuite sur une enquête banale, mais bien menée ( Le cadavre dans la Rolls ). Elle le fit voyager à Las Vegas. Et là, on se dit que Connelly est pris de remords de n'avoir fait qu'effleurer le potentiel narratif de la ville de Bugsy Siegel. La lune noire, c'est le moment où elle passe entre deux signes astrologiques. C'est le moment du grain de sable. Celui où le malheur arrive. L'histoire : Cassie Black est en liberté conditionnelle après 6 ans de prison pour le cambriolage d'un casino. Max y était mort. Alors Cassie se tient à carreau et surveille sa fille, de loin. Celle qu'elle a eu de Max, en prison, et qui ne sait pas qu'elle a été adoptée. Mais ses parents adoptifs organisent leur déménagement en Europe. Cassie est alors obligée de replonger pour pouvoir fuir, avec elle. Et la première affaire que lui propose Léo, le frère de Max, la renvoie directement ...

Le dernier coyote - Michael Connelly

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Les années passent et les mémoires s'effilochent. Les souvenirs s'empilent et s'écrasent. Seules subsistent des certitudes floues. Et les soleils noirs de nos terreurs nocturnes. Pour avoir saboté l'enquête précédente, Harry Bosch a balancé son chef à travers la paroi vitrée du bureau. Mis à pied et sommé d'aller voir la psychologue de l'unité s'il veut retrouver son poste, Bosch doit alors remonter aux sources de sa violence. De sa colère. Et faire face au fantôme qui le hante depuis si longtemps. Celui de la scène primitive. Le meurtre impuni. Celui de Marjorie Lowe, prostituée retrouvée dans une poubelle, en 1961. Sa mère. Cet été c'est #ReReadingConnelly. J'ai tellement conspué l'étiolement de la plume de Connelly ( là  et  là ) que cela m'a donné envie de vérifier si les premiers ouvrages étaient aussi bons que dans mes souvenirs. Les égouts de Los Angeles permettent ainsi de découvrir, dans une enquête lente et un peu ve...

Les 7 principes de ceux qui n'en ont pas - Samir Bouadi, Sébastien Dourver

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Sixième participation à Masse Critique, que Babélio et les éditions Pygmalion soient ici remerciés ! Il y a des livres qui méritent d'exister rien que pour leur titre. Ceux qui savent comprendront de Anna Gavalda ou Je suis une légende de Richard Matheson sont du nombre. J'ai adoré celui de Samir Bouadi et Sébastien Dourver,  Les sept principes de ceux qui n'en ont pas : ne laissez plus les bons sentiments vous empêcher de réussir . L'avant-propos du livre est une charge implacable contre l'insupportable gnangnantise des livres de développement personnel. Pire, les auteurs montrent que ceux-ci sont absolument malhonnêtes : leur seul objectif est de ne pas marcher afin de pouvoir continuer à vous vendre les tomes 23 et 24 de la quête du bonheur selon les enseignements d'un quelconque néochaman. D'ailleurs c'est quoi le bonheur ? Un savant mensonge ? mystère... Alors que le pouvoir, ça, ça s'étudie. Et même qu'il leur semble possible d...

L'insoutenable gravité de l'univers - Gabriel Chardin

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Cinquième participation à l'opération Masse Critique de Babélio (vous savez, je reçois un livre que je choisis et je fais la critique dans le mois qui suit). Que Babélio et les éditions Le pommier soient ici remerciés ! Alors c'était en mai dernier et Masse critique proposait des ouvrages jeunesse et jeune adulte. J'aime bien, mais là ce n'était pas ce dont j'avais envie. Et au milieu, perdu, il y avait L'insoutenable gravité de l'univers de Gabriel Chardin. Avec sa référence à Kundera, le titre aurait pu être celui d'un roman, mais un coup d’œil sur l'éditeur (spécialisé en vulgarisation scientifique) me confirma qu'il s'agissait bien d'un essai de physique autour de la gravité. Tout, dans cette chronique, repose sur de profonds malentendus. Le premier, dont je suis coupable, est d'avoir pu croire que je pouvais faire fi d'études de sciences pour lire de la science. Ahlala ! Qu'allais-je faire dans cette galère ? S...

Corps pour corps - Jeanne Favret-Saada et Josée Contreras

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En 1981, moins de dix ans après la parution des Mots, la mort, les sorts , Jeanne Favret-Saada publie avec Josée Contreras des extraits de son journal de terrain, Corps pour corps . Les mots, la mort, les sorts décrivait le système analysé par l'anthropologue, la sorcellerie bocaine. Jeanne Favret-Saada expliquait, dans une longue et séminale introduction, l'impossibilité de constituer tout savoir sur la sorcellerie sans tenir une des places du système : annonciateur, ensorcelé, désorceleur ou sorcier. Elle rencontra le couple Babin, exploitants agricoles qui n'eurent de cesse de la mettre à la place de la désorceleuse, persuadés "qu'elle le faisait pour le bien" et qu'elle saurait mettre fin à la série des malheurs qui les touchaient (mariage non consommé, beurrées endémiques, difficulté à baratter etc.). Le trouble dans la communication entre Jeanne Favret-Saada et les Babin, les incompréhensions réciproques et l'asynchronie des postures font...

Rosie Pink - Didier Lévy, Lisa Zordan

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Première chronique pour Page des Libraires , que cette revue et les éditions Sarbacane soient ici remerciées ! L'histoire : Rosie est la fille du grand Horace Pink, jardinier reconnu aux multiples roses, superbes, identiques et parfaitement alignées. La détermination paternelle à exclure toutes les mauvaises herbes pousse Rosie à leur offrir une deuxième chance. De rempotage en repiquage, Rosie Pink met en oeuvre tout le savoir-faire hérité pour sauver les plantes mal-aimées et réclame un petit carré de terre pour elles. Et puis, au milieu pousse... une rose ! Rosie tente de la retirer : les roses ont bien assez de place avec son père, ici c'est le lieu des mauvaises herbes ! Serait-ce son père qui l'aurait planté ? Non ! Et Horace est bien surpris de voir que la plus belle des roses du manoir est la seule dont il ne se soit pas occupé... Dès l'ouverture, la finesse du trait et de l'encrage de Lisa Zordan impressionnent (je ne connaissais pas, avec c...

Les mots, la mort, les sorts - Jeanne Favret-Saada

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Jeanne Favret-Saada, s'installe dans le bocage mayennais en 1969. Elle va y rester trois ans. Professeur parisienne, l'ethnologue d'origine algérienne avait appris par certains de ses élèves la persistance de phénomènes de sorcellerie dans cette partie de la campagne française. Ce "terrain" ethnologique en vaut bien un autre. L'auteur va chercher des informateurs, comme tout ethnologue. Pourtant ceux-ci ne cessent de se dérober. La sorcellerie, c'était avant, c'est ailleurs, pas très loin, mais en tout cas pas ici. Ici on est civilisé. La sorcellerie c'est l'Autre . Dans tous les sens du terme. Jeanne Favret-Saada se rend compte rapidement de l'impossibilité de tenir la place de la curieuse sur la sorcellerie. Cette place, celle de la science, est en contradiction même avec ce qui se joue de la sorcellerie. Car il s'agit d'abord d'une énonciation, d'un procès, au sens linguistique du terme. En sorcellerie, on ...