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Affichage des articles associés au libellé Weltanschauung

La double vie de Véronique - Krzysztof Kieslowski [Critique]

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J'ai revu La double vie de Véronique . Et je ne m'en remets toujours pas. Les mots ne viennent qu'imparfaitement. La bande-annonce ici . L'histoire : deux femmes identiques en tous points, une française et une polonaise. Reliées mystérieusement l'une à l'autre, jusqu'à ce que l'une décède... Le reflet est le motif principal du film. Reflet des visages dans les miroirs, jeu de lumières qui les inonde, reflets sonores que la musique crée entre des personnages que tout lie mais qui ne font que se croiser.  Des motifs narratifs se font échos et tissent une oeuvre à la fois transparente et opaque. Véronique, vera icona  elle-même, mais laquelle des deux ? Sont-elles une, deux ou plusieurs ? Le monde est un reflet, les êtres également, mais à quoi cela renvoie-t-il ? Tout y est évident et pourtant lorsque les mots affleurent, ils échouent à rendre compte de la grâce subtile qui irrigue chaque plan. La saturation verte et jaune des images , n'est p...

Corps pour corps - Jeanne Favret-Saada et Josée Contreras

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En 1981, moins de dix ans après la parution des Mots, la mort, les sorts , Jeanne Favret-Saada publie avec Josée Contreras des extraits de son journal de terrain, Corps pour corps . Les mots, la mort, les sorts décrivait le système analysé par l'anthropologue, la sorcellerie bocaine. Jeanne Favret-Saada expliquait, dans une longue et séminale introduction, l'impossibilité de constituer tout savoir sur la sorcellerie sans tenir une des places du système : annonciateur, ensorcelé, désorceleur ou sorcier. Elle rencontra le couple Babin, exploitants agricoles qui n'eurent de cesse de la mettre à la place de la désorceleuse, persuadés "qu'elle le faisait pour le bien" et qu'elle saurait mettre fin à la série des malheurs qui les touchaient (mariage non consommé, beurrées endémiques, difficulté à baratter etc.). Le trouble dans la communication entre Jeanne Favret-Saada et les Babin, les incompréhensions réciproques et l'asynchronie des postures font...

Les mots, la mort, les sorts - Jeanne Favret-Saada

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Jeanne Favret-Saada, s'installe dans le bocage mayennais en 1969. Elle va y rester trois ans. Professeur parisienne, l'ethnologue d'origine algérienne avait appris par certains de ses élèves la persistance de phénomènes de sorcellerie dans cette partie de la campagne française. Ce "terrain" ethnologique en vaut bien un autre. L'auteur va chercher des informateurs, comme tout ethnologue. Pourtant ceux-ci ne cessent de se dérober. La sorcellerie, c'était avant, c'est ailleurs, pas très loin, mais en tout cas pas ici. Ici on est civilisé. La sorcellerie c'est l'Autre . Dans tous les sens du terme. Jeanne Favret-Saada se rend compte rapidement de l'impossibilité de tenir la place de la curieuse sur la sorcellerie. Cette place, celle de la science, est en contradiction même avec ce qui se joue de la sorcellerie. Car il s'agit d'abord d'une énonciation, d'un procès, au sens linguistique du terme. En sorcellerie, on ...

L'amour et l'occident - Denis de Rougemont

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Il est des livres qui sauvent la vie. Dans un essai poétique constamment réimprimé depuis l'édition définitive de 1957, Denis de Rougemont s'attaque à la seule question qui compte. Pourquoi aimons-nous ? Et surtout, pourquoi souffrons-nous lorsque l'amour s'arrête, pourquoi sommes-nous fascinés par cette douleur au point de la chérir secrètement ?  Pourquoi la douleur d'amour nous obsède-t-elle au point d'irriguer toute la production culturelle de l'occident depuis...  Depuis quand déjà ? Depuis qu'un texte est apparu, comme surgi du néant (ce qu'il n'est pas, comme le montre l'auteur) dans les premiers temps du XIIe siècle. Un texte fondateur, un texte qui dit le secret de l'âme occidentale, Tristan et Iseut . Il ramasse plusieurs traditions et son  archéologie  remonte  aux premiers temps des religions monothéistes de l'Iran ancien  via cathares, bogomiles et  manichéisme. Le mythe tristanien recèle en son cœur une doct...

Les yeux de ma chèvre - Éric de Rosny

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Eric de Rosny, jésuite français, est installé à Douala, dans les années 50.   Enseignant au lycée français, il mesure à  quel point il ne peut "joindre", "être avec" voire tout simplement communiquer avec ses élèves au-delà des mots et des postures convenues du dominant et du dominé propres au système colonial.  Pour rompre le mur civilisationnel érigé par leurs cultures et les positions respectives qu'ils occupent, l'auteur entre en initiation, découvre progressivement la pratique d'un voyant-guérisseur. Les Yeux de ma chèvre raconte cette initiation de l'intérieur avec une plume magnifique, une clarté d'exposition qui donne à voir et à comprendre la réalité du monde invisible qui nous entoure. Le livre est proprement fascinant, témoignage d'une odyssée humaine, spirituelle et initiatique qui dévoile et permet d'accéder à monde plus grand que soi. Un chef-d’œuvre, littéralement, et probablement un des meilleurs Terre Humaine...

Une logique de la communication - Paul Watzlawick, Janet Helmick Beavin, Don D. Jackson

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Il est des livres qui changent la vie. La vie qu'on a, l'idée qu'on s'en fait, les idées que l'on se fait. Des livres qui bouleversent intégralement notre paysage mental, la couleur des idées, l'architecture intime. Comme si le mur aveugle sur lequel se heurte notre pensée accueillait une nouvelle fenêtre. J'ai lu ce livre il y a plus de vingt ans et ses effets sont toujours brûlants. Il est l'un des piliers de ma weltanschauung (ceux qui ne savent pas chercheront). Les auteurs affirment que nous sommes des êtres de communication, que "nous ne pouvons pas ne pas communiquer". Et que, à défaut d'accéder à la boite noire (exit la psychanalyse, non pas critiquée, mais évacuée , parce que son postulat est invérifiable), il est en revanche possible d'accéder aux items des séquences de communications. Tous les items. Et d'élaborer ainsi une pragmatique de la communication. Ils montrent ainsi que les groupes de communicatio...