Au-delà des ombres (Thorgal, T5) - Rosinsky et Van Hamme
Les maisons de vacances sont d'une étrange familiarité. Je ne parle pas de ces espaces impersonnels loués anony-mement, non, je parle de la maison de famille, des grands-parents ou d'amis qui vous supportent avec vos marmots plus d'un été de suite. Nos maisons quotidiennes sont transparentes et invisibles à nos yeux. Nous les habitons en les partageant avec nos histoires et nos fantômes, maîtres fragiles des lieux. Les maisons de vacances, elles, doivent se laisser découvrir, apprivoiser. Elles sont peuplées de livres. Des livres relégués, exilés, bannis. Livres lus et défraichis, loin du cœur des hôtes mais conservés. Livres rarement relus, mais gardés, au cas où... Je ne sais plus qui a dit que les livres ne sont pas faits pour être relus. Ils sont avant tout la trace, la mémoire de nos émotions. Celles que nous avons éprouvées lors d'une première lecture. Ils en sont les gardiens. Les redécouvrir, les feuilleter, les relire c'est se retrouver soi-même...