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Corps pour corps - Jeanne Favret-Saada et Josée Contreras

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En 1981, moins de dix ans après la parution des Mots, la mort, les sorts , Jeanne Favret-Saada publie avec Josée Contreras des extraits de son journal de terrain, Corps pour corps . Les mots, la mort, les sorts décrivait le système analysé par l'anthropologue, la sorcellerie bocaine. Jeanne Favret-Saada expliquait, dans une longue et séminale introduction, l'impossibilité de constituer tout savoir sur la sorcellerie sans tenir une des places du système : annonciateur, ensorcelé, désorceleur ou sorcier. Elle rencontra le couple Babin, exploitants agricoles qui n'eurent de cesse de la mettre à la place de la désorceleuse, persuadés "qu'elle le faisait pour le bien" et qu'elle saurait mettre fin à la série des malheurs qui les touchaient (mariage non consommé, beurrées endémiques, difficulté à baratter etc.). Le trouble dans la communication entre Jeanne Favret-Saada et les Babin, les incompréhensions réciproques et l'asynchronie des postures font...

Les mots, la mort, les sorts - Jeanne Favret-Saada

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Jeanne Favret-Saada, s'installe dans le bocage mayennais en 1969. Elle va y rester trois ans. Professeur parisienne, l'ethnologue d'origine algérienne avait appris par certains de ses élèves la persistance de phénomènes de sorcellerie dans cette partie de la campagne française. Ce "terrain" ethnologique en vaut bien un autre. L'auteur va chercher des informateurs, comme tout ethnologue. Pourtant ceux-ci ne cessent de se dérober. La sorcellerie, c'était avant, c'est ailleurs, pas très loin, mais en tout cas pas ici. Ici on est civilisé. La sorcellerie c'est l'Autre . Dans tous les sens du terme. Jeanne Favret-Saada se rend compte rapidement de l'impossibilité de tenir la place de la curieuse sur la sorcellerie. Cette place, celle de la science, est en contradiction même avec ce qui se joue de la sorcellerie. Car il s'agit d'abord d'une énonciation, d'un procès, au sens linguistique du terme. En sorcellerie, on ...

Les yeux de ma chèvre - Éric de Rosny

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Eric de Rosny, jésuite français, est installé à Douala, dans les années 50.   Enseignant au lycée français, il mesure à  quel point il ne peut "joindre", "être avec" voire tout simplement communiquer avec ses élèves au-delà des mots et des postures convenues du dominant et du dominé propres au système colonial.  Pour rompre le mur civilisationnel érigé par leurs cultures et les positions respectives qu'ils occupent, l'auteur entre en initiation, découvre progressivement la pratique d'un voyant-guérisseur. Les Yeux de ma chèvre raconte cette initiation de l'intérieur avec une plume magnifique, une clarté d'exposition qui donne à voir et à comprendre la réalité du monde invisible qui nous entoure. Le livre est proprement fascinant, témoignage d'une odyssée humaine, spirituelle et initiatique qui dévoile et permet d'accéder à monde plus grand que soi. Un chef-d’œuvre, littéralement, et probablement un des meilleurs Terre Humaine...