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L'altérité : de qui souffrez-vous ? - Jean-Michel Oughourlian

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Dans ce court essai, Jean-Michel Oughourlian nous propose une synthèse de sa conception du travail thérapeutique à l'aune d'un parcours professionnel riche en découvertes. Pour rappel, JM Oughourlian est neuropsychiatre et a collaboré aux publications de René Girard relatives au désir mimétique. La découverte des neurones-miroirs a conforté ses thèses. Pour aller vite, l'auteur expose dans ses différents opus l'idée que le Moi est labile, fluctuant, généré par le désir mimétique. Le Moi passe son temps à se reconstruire en fonction de la circulation de ce désir tout en se dissimulant l'existence de ce dernier et sa propre impermanence, sa liquidité. Ainsi, la personnalité semble n'être qu'un jeu de costumes que la Culture nous pousserai à endosser, au gré des fluctuations des situations, des rencontres et des choix que nous faisons (mince mais ultime liberté, selon l'auteur). Cela n'est pas sans faire penser à L'homme-Dé de Luke Rinehart ou enco...

Métropolis - Philip Kerr

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Ouverture du rideau : Berlin, 1928. Bernie Gunther, une nouvelle fois, la dernière. Et pourtant il s'agit de Bernard Gunther d'avant Bernie, Bernie d'avant la Trilogie berlinoise , alors qu'il n'est qu'un flic aux mœurs de Berlin. On se soucie finalement assez peu de la résolution de deux enquêtes où il doit identifier l'assassin de prostituées et de clochards-soldats de la 1re, avant de découvrir rapidement qu'ils ne font qu'un. Dans ce préquel, digne d'un voyage dans le temps, on rend visite à une vieille connaissance, devinant dans chacun de ses gestes, de ses répliques, celui qu'il sera. Philip Kerr dessine le croquis d'un tableau qui reste à faire et dont nous avons déjà exploré chaque détail. La petite musique du dialogue intérieur de Bernie est déjà là, oscillant entre cynisme, désespoir et survie mentale dans un monde au bord de l'effondrement. Les nazis ne sont, à ce stade, que des ombres menaçantes. L'intrigue est assez ...

Lux Tenebrae - Giacometti et Ravenne

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Giacometti et Ravenne, c'est comme Philip Kerr , ils écrivent des bouquins qui me font de l’œil depuis longtemps. De l'ésotérisme, du polar et des francs-maçons, sérieusement qui peut y résister ? Alors j'ai lu toutes les aventures d'Antoine Marcas, commissaire franc-maçon. Dans le désordre, mais peu importe. Pour le dire vite, on passera sur la psychologie (et les amours, mortelles !) du pauvre commissaire franc mac'. Les histoires sont forcément inégales, et parfois ce n'est pas terrible... La structure de chaque roman est similaire : le commissaire Marcas enquête sur une affaire mystérieuse, ésotérique, pendant que en alternance les racines historiques (?) font l'objet d'un deuxième fil narratif. Prenant le parti d'une explication rationnelle (sans nier la dimension spirituelle de la quête des francs-maçons), deux titres rompent ce principe : Lux Tenebrae et L'empire du Graal assument la dimension fantastique de leur propos. L'...

L'assassin royal - Robin Hobb

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L'assassin royal est un puits sans fond. FitzChevalerie est le bâtard du roi-servant Chevalerie. Son grand-père, le roi Subtil, en fait un assassin, l'homme au service de la diplomatie parallèle du trône Loinvoyant. Mais, en attendant de grandir, il est confié à Burrich, l'homme en charge des écuries du château. Il y découvrira qu'il a le Vif, magie de l'appariement à un animal (qui n'est pas sans faire penser à la relation entretenue avec le daemon dans A la croisée des mondes  de Philip Pullman). Magie honteuse qu'il lui faut cacher alors qu'il se lie avec Fouinot un jeune chien des écuries...  Et en même temps, il semble que l' Art , magie héréditaire des Loinvoyant (qui s'apparente à de la télépathie et à de l'influence à distance) vibre en lui. Chevalerie, son père, doit abdiquer avant même de régner, et c'est Vérité qui se prépare au trône pendant que leur demi-frère, Royal -qui déteste Fitz, enrage de ne pouvoir prendr...

Les gardiennes du silence - Sophie Endelys

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Nouvelle masse critique (privilégiée) autour des Gardiennes du silence, que Babélio et Les Presses de la Cité soient ici remerciés. Sophie Endelys aime les livres et leur monde. C'est bien simple, son héroïne est bibliographe, c'est dire... (et pas si courant). Impossible ? bah non en fait, parce que Chloé Mac Curtis (eh oui...) est au centre d'une intrigue pas piquée des hannetons. Une sacrée bonne idée même qu'on ne va pas divulgacher, bien que la 4e de couv' ne s'en prive pas, elle .  L'auteure a en plus une manière d'écrire qui est ma foi, relativement originale. Bon c'est pas Hugo non plus, hein, mais au moins il y a une patte.  Sauf que y'a un moment cette écriture, ces sauts narratifs, ces raccourcis, eh bien ça ne passe plus. Tout d'un coup on ne comprend plus grand chose, où on est, pourquoi les personnages sont là. Ce qu'ils disent n'est plus très intéressant et surtout on perd leur densité, si tant est qu'o...

T'as vu le plan ? 100 plans cultes (ou pas) - François Theurel

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Maintenant je le sais, je suis vieux. Définitivement. J'ai entièrement lu ce livre découvert à la médiathèque sans même savoir que l'auteur est une star de Youtube . Et puis, il n'y avait pas le bandeau sur la couverture. J'ai bien aimé son film Camera Obscura , sur la magie du cinéma et l'interpénétration entre film et espace intérieur, lieu de la représentation (ce qui n'est pas sans faire penser à ce texte ). Mais surtout ce livre est celui d'un véritable passionné de cinéma. A partir d'une photo, d'un plan de cinéma, il montre le génie, la puissance de moments de cinéma. La grâce qui étreint ces fugaces plans qui bouleversent et marquent durablement. Ah, le monologue de Roy Batty, la tête de Willard qui sort de la mare, la statue de la liberté à la fin de La Planète des Singes , la sidération de Térence dans la scène finale de Whiplash , la performance d'Isabelle Adjani dans Possession , l'inquiétante révélation du directeur d...

Einstein (presque) facile ! Tout ce qu'il faut savoir sur ses travaux - Rüdiger Vaas

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Nouvelle masse critique pour Einstein (presque) facile ! Que les éditions Delachaux et Niestlé et Babélio soient ici remerciés ! Facile, facile... C'est vite dit ! Rüdiger Vast s'attelle à la très grande tache de nous initier à la pensée et aux travaux d'Albert Einstein. Il n'y a pas à dire, le journaliste de vulgarisation connait son affaire, son Petit et son Grand Albert sur le bout des doigts. Il navigue sur la houle des réflexions du physicien moustachu, les années virevoltent (la chronologie est même un peu confuse parfois) et les affrontements toujours sympathiques avec De Sitter ou Bohr ou Planck, sur fond de correspondance scientifique et de conjectures à démontrer. Si on avait encore un doute, R. Vast nous (dé)montre que derrière chaque avancée conceptuelle en physique et cosmologie, tonton Bébert est toujours là. Rien ne semble s'être fait sans lui voire, a été d'abord pensé par lui avant même que le concept ne se diffuse. Bref, Albert est i...