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Affichage des articles du 2017

La la land (Damien Chazelle) / Moonlight (Barry Jenkins)

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L'histoire est connue : La la land archi favori pour rafler le maximum de statuettes aux célébrations américaines, après être montée sur le plateau son équipe s'est vu obligée de redescendre avec tout son petit monde, le meilleur film étant finalement attribué au moins flamboyant mais bouleversant Moonlight.

Au-delà de l'anecdote (qui dit, en fait, exactement ce que je pense), le plus intrigant est de voir réunis ces deux films qu’apparemment tout sépare : grosse machinerie / film indé, stars en voie de panthéonisation / acteurs quasi inconnus, comédie musicale joyeuse et entraînante / drame dépressif, blancheur partout / communauté afro-américaine durant tout le film, on pourrait multiplier à l'envi les oppositions.
Allons plus loin, La la land et Moonlight au delà de ces oppositions formelles ne sont-ils pas les deux avatars de la même fascination que la culture américaine entretient avec la solitude des êtres ?

La la land raconte l'histoire de deux wannabe montés à…

Etoiles dans la nuit des temps - Yves Vadé (dir.)

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L'ouvrage n'est pas à proprement parler une initiation à l'archéoastronomie (on lui préférera Géométrie céleste : Comprendre la signification astronomique des sites anciens de Ken Taylor).
Il s'agit ici de regrouper les contributions de divers spécialistes sur le sujet qui précisent tel ou tel point de leur recherche. La lecture pour celui qui débute dans le sujet n'est pas forcément aisée, l'ouvrage étant pauvre graphiquement, et il implique de maîtriser les termes de l'astronomie afin de pouvoir transposer dans une représentation de la voûte céleste ce qui est décrit. 
Il est composé de deux parties : les analyses portant sur des traces d'observations célestes dans les civilisations d'avant l'écriture (préhistoire et civilisation celte), ou dans des civilisations utilisant l'écriture (Babylone, Chine, Samarkand, Inde).
Cela posé, le recueil de Yves Vadé n'en est pas moins passionnant (quoique forcément inégal) et chacun piochera dans les …

L'oreille interne - Robert Silverberg

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Tout ça pour ça !

L'oreille interne est un grand ratage. 

L'histoire : David Selig, médiocre personnage est télépathe. Mais son pouvoir s'en va, le quitte. Et Selig n'ayant jamais pu faire l'expérience de l'adolescence, doit découvrir la frustration et apprendre, enfin, un peu à mourir.

L'idée du don comme malédiction n'est plus très originale, même si elle devait l'être à l'époque de la rédaction du roman. Qu'importe, car Silverberg n'atteint pas, et de loin, la qualité de traitement de la solitude d'un être comme a pu le faire Ken Grimwood au sujet de l'immortalité dans Replay.
Bien pis, le roman est encombré de tics d'écriture propre aux années 50-70 : adresse au lecteur omniprésente, délires qui n'amènent rien à la progression narrative... La destructuration de la chronologie ne surprend pas mais n'apporte pas grand'chose à l'histoire de cet homme. Frustration sexuelle et médiocrité des affects, tout "sen…

Le serpent d'étoiles - Jean Giono

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Torturé à coups d'Enfants et la rivière et de Gloire de mon père pendant mes lointaines et jeunes années, j'entretiens une souveraine méfiance envers tout auteur soupçonné, à tord ou à raison, de régionalisme. Giono c'est "même pas en rêve". Le hussard sur le toit de Rappeneau ne m'avait pas assez enthousiasmé pour que je change d'avis, et en plus, il y a assez de livres qui m'intéressent sans que j'aille m'encombrer de ceux qui ne m'intéressent pas.

J'avais tord une fois de plus.

Il aura fallu une note sibylline de Philippe Walter au détour de son extraordinaire Caniculepour me convaincre de mettre le nez dans des pages de Giono.

L'histoire : le narrateur, jamais nommé, dans une Provence de début de siècle, celui d'avant, raconte sa rencontre avec un berger et sa famille. Un berger qui, avec ses mots à lui, remis dans les mots de Giono, lui dit la Terre, les courants telluriques et les forces chthoniennes qui traversent le monde,…

La nuit du 28 février - Leif G. W. Persson

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Non mais c'est quoi ce bouquin ?

En furetant dans une bibliothèque amie, truffée de polars, ce qui n'est pas mon genre de prédilection, je tombe sur un scandinave inconnu.
Je suis embêté par le polar scandinave, car il me laisse froid. Normal c'est le grand nord ;)

Mais encore ? Si je n'ai pas lu Millenium, je me suis énervé sur un Camilla Läckberg (Le Prédicateur pour ne pas le citer) tant l'intrigue est mauvaise, et je me suis profondément ennuyé dans La cité des Jarres d'Analdur Indridason. Pour le première avec des personnages totalement inintéressants et le deuxième avec un inspecteur ectoplasmique et une intrigue dont je ne me rappelle pas le plus petit bout de queue de souvenir, c'est dire. Je passe sur Le meurtrier sans visage d'Henning Mankel totalement oublié ainsi que sur un islandais prêté de chez Babel Noir dont je ne ne rappelle ni le nom ni le titre, c'est dire...
L'enthousiasme pour le meurtre chez ces parangons de civilisation autop…

L'incroyable histoire de Wheeler Burden - Selden Edwards

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Deuxième ouvrage prêté par C, après Les âmes vagabondes de Stephenie Meyer.
Autant je n'avais pas aimé le salmigondis cuculapralinesque de la mormone toquée de vampires, autant je me suis régalé des tribulations de cet américain au destin tout sauf moyen.

Le texte que nous tenons entre les mains est rédigé par la mère dudit Wheeler et a pour but de raconter sa destinée pour le moins étrange.
Il faut accepter le ton du début (la môman qui raconte à quel point son fiston est fooormidable),
il participe pleinement de l'équilibre de l'histoire, même s'il peut paraître un peu agaçant de prime abord.

L'histoire : Né dans les soubresauts de la deuxième guerre mondiale d'une mère anglaise pacifiste et d'un père mort sous la torture gestapiste alors qu'il n'a que trois ans, le jeune Burden grandit et devient la coqueluche de chaque endroit où il apparaît. Des inévitables parties de baseball au cœur de la sociabilisation scolaire américaine, aux années soixante …

Dans la ville en feu / Les dieux du verdict - Michael Connelly

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J'avais juré que l'on ne m'y reprendrait plus et laissé Michael Connelly au plus bas.
Lecteur, j'éprouvais douloureusement l'abîme résidant, pour un auteur, entre être et avoir été. Connelly n'était plus qu'une ombre et j'avais dû me résoudre à faire mes adieux à Harry Bosch et Mickey Haller.
Je jette un voile pudique sur mon exaspération à la lecture de Volte face, Le cinquième témoin, Ceux qui tombent, néants intersidéraux de vacuité et alignements de mots indignesde la part de l'auteur des Égouts de Los Angeles ou du Dernier Coyote.

Même si, en soi, le polar me semble assez vain comme genre littéraire, Michael Connelly a toujours eu le savoir-faire pour trousser une histoire, rendre attachants ses personnages et ne faire lâcher qu'à regrets ses livres. En articulant finement les enquêtes menées par Harry Bosch aux répercussions qu'elle pouvaient avoir sur sa vie intime, M Connelly dressait le portrait d'un homme solitaire et complexe.
Or,…

Le voyage de Simon Morley - Jack Finney

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Simon Morley, c'est vous, c'est moi.
C'est nous en train de lire le livre, qui sur une banquette, qui dans un lit. Nous qui occultons toute réalité autour de nous et acceptons de mettre notre cerveau en auto-hypnose pour décider de croire à la réalité du livre, de l'histoire.
Simon Morley découvre que, si on est assez conditionné par son entourage, par une simulation, on peut retourner dans le passé. Revenu dans le New York des années 1880, Simon nous fait partager sa lente balade ébahie. De longues et lentes descriptions (il est peintre) achèvent de nous faire croire à la tangibilité de ce New York révolu. Il l'aime tellement qu'il tombe amoureux de la nièce de sa logeuse et se retrouve embarqué dans un incendie qui ravage un immeuble en restauration.
Étonnant rythme d'un roman qui s'étire tout en langueur pour retrouver une tension dramatique anodine mais intense (les héros et les personnages d'arrière-plan arriveront-ils à s'échapper d'un im…

Version officielle - James Renner

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Version officielle est un grand roman complotiste. Un de ceux que Raymond Khouri n'écrira jamais. Tout simplement parce que James Renner est porteur d'une vision superbement paranoïaque et qu'il suit son sillon sans jamais s'en laisser détourner. On trouve tous les ingrédients d'une grande manip' : l'eau infectée, le projet HAARP, la mémoire manipulée, le 11 septembre... En dire plus serait criminel !
Alors on pourrait trouver à redire que le deuxième tiers du roman est le ventre mou du roman : la narration souffre du manque de personnages pour un roman aussi ambitieux. Péché véniel. Mais cela est bien peu de choses eu égard à une narration qui cheville le lecteur de bout en bout et un final particulièrement bien trouvé. James Renner apparaît comme le digne cousin américain de l'Antoine Bello des Falsificateurs, ce qui n'est pas le moindre des compliments.

Une belle réussite qui augure un excellent faiseur d'histoires.

L'art de l'univers - John D Barrow

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Rarement ai-je mis autant de temps à achever la lecture d'un essai...

John Barrow tente de nous convaincre des connexions intimes entre la structure de l'univers et nos représentations de l'art.
La gageure est immense.
Et l'auteur n'y réussit que partiellement à trop tenter de courir deux lièvres à la fois.
Il tente de nous expliquer comment le monde est monde, qu'il est comme il ne peut qu'être tout au long de développements en biologie, géologie, climatologie, planétologie, cosmologie. C'est la partie la plus ambitieuse et, en même temps, la plus faible de l'ouvrage : le texte est daté de 1995, remis à jour en 2005. Il a donc plus de 12 ans ! On peut s'étonner d'une publication aussi tardive par Actes Sud. Sans être assez spécialiste, il semble que certains développements sont déjà un peu datés dans des domaines où la Recherche avance à pas de géants.
Reprenant le principe anthropique et l'évolutionnisme qui feront le succès du Sapiensde Yu…

La mécanique des ombres - Benjamin Legrand

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Vous ne connaissez pas Benjamin Legrand ? 

C'est parfaitement injuste.

Il est un des grand raconteur d'histoires français. Traducteur, scénariste, auteur de BD, de polars, d'adaptations en tout genre, son écriture est des plus visuelles.
En quelques mots, Benjamin Legrand plante une scène. En quelques lignes il campe une histoire. En moins d'une page, on voit le personnage, on l'entend avec son histoire, ses rêves et ses secrets. Pas besoin d'en faire des pages et des pages, ni d'en rajouter des tartines.

J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de B Legrand. Je n'ai pas été déçu cette fois non plus.

La mécanique des ombres c'est l'histoire du Mistigri, un collier de perles noires qui porte la poisse à ceux qui croisent sa route. Un chien revanchard, un escroc, une antiquaire, un ado, sa sœur et sa petite frappe de copain, un astronaute fou et une station orbitale en perdition, une touriste allemande et son frère militaire au Soudan, un braqueu…

La matière noire, à la recherche de la plus grande inconnue de l'Univers (Alberto Casal Gonzalez)

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C'est le 5 ou 6e ouvrage d'astrophysique lu en 2 ans et pour la première fois je dis "enfin !".
J'ai dû lire deux fois La réalité cachée de Brian Greene en peinant à chaque ligne, je n'avais pas retenu grand chose du Sahara vient des étoiles bleues de Jean-François Becquaert ainsi que de la Balade en cosmologie d'Aurélien Barrau ou encore des conversations entre Jean-Claude Carrière et Thibault Damour.
Il y a un mois parait une série d'ouvrages vendus en presse Voyage dans le cosmos marquée par la figure tutélaire d'Hubert Reeves. Cela sentait l'ouvrage de vulgarisation pour ceux qui n'y connaissent rien, mais à 4 euros, je ne risquais pas grand-chose. Une énorme coquille typographique sur le cartel de présentation laissait présager le pire.

Et là, divine surprise ! Malgré l'impossibilité de trouver la date du texte en langue originale, ainsi que la difficulté à identifier l'auteur réel du texte (Hubert Reeves n'a assuré que la pr…