Le voyage de Simon Morley - Jack Finney




Simon Morley, c'est vous, c'est moi.
C'est nous en train de lire le livre, qui sur une banquette, qui dans un lit. Nous qui occultons toute réalité autour de nous et acceptons de mettre notre cerveau en auto-hypnose pour décider de croire à la réalité du livre, de l'histoire.
Simon Morley découvre que, si on est assez conditionné par son entourage, par une simulation, on peut retourner dans le passé. Revenu dans le New York des années 1880, Simon nous fait partager sa lente balade ébahie. De longues et lentes descriptions (il est peintre) achèvent de nous faire croire à la tangibilité de ce New York révolu. Il l'aime tellement qu'il tombe amoureux de la nièce de sa logeuse et se retrouve embarqué dans un incendie qui ravage un immeuble en restauration.
Étonnant rythme d'un roman qui s'étire tout en langueur pour retrouver une tension dramatique anodine mais intense (les héros et les personnages d'arrière-plan arriveront-ils à s'échapper d'un immeuble en flammes ?) dans le dernier quart du livre.
On y est on y croit, on le voit cet incendie.
Mais on peut se dire : tout ça pour ça ? Certes Le voyage de Simon Morley est sa propre mise en abîme (le livre raconte ce qu'il est en train de faire sur votre cerveau) mais, en même temps, combien d'autres ouvrages l'ont réussi cent fois mieux (Cent ans de solitude dans ses dernières pages, Les apparences de Gillian Flynn etc.). Le voyage dans le temps a été traité de manière bien plus experte par Le voyageur imprudent de Barjavel. Reprenant le principe de "si j'y crois assez fort, ça marche" on lira Le jeune homme, la mort et le temps de Richard Matheson avec, finalement, beaucoup plus de plaisir...

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