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L'insoutenable gravité de l'univers - Gabriel Chardin

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Cinquième participation à l'opération Masse Critique de Babélio (vous savez, je reçois un livre que je choisis et je fais la critique dans le mois qui suit). Que Babélio et les éditions Le pommier soient ici remerciés !


Alors c'était en mai dernier et Masse critique proposait des ouvrages jeunesse et jeune adulte. J'aime bien, mais là ce n'était pas ce dont j'avais envie. Et au milieu, perdu, il y avait L'insoutenable gravité de l'univers de Gabriel Chardin. Avec sa référence à Kundera, le titre aurait pu être celui d'un roman, mais un coup d’œil sur l'éditeur (spécialisé en vulgarisation scientifique) me confirma qu'il s'agissait bien d'un essai de physique autour de la gravité.

Tout, dans cette chronique, repose sur de profonds malentendus.

Le premier, dont je suis coupable, est d'avoir pu croire que je pouvais faire fi d'études de sciences pour lire de la science. Ahlala ! Qu'allais-je faire dans cette galère ? Si les Christo…

Corps pour corps - Jeanne Favret-Saada et Josée Contreras

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En 1981, moins de dix ans après la parution des Mots, la mort, les sorts, Jeanne Favret-Saada publie avec Josée Contreras des extraits de son journal de terrain, Corps pour corps.

Les mots, la mort, les sorts décrivait le système analysé par l'anthropologue, la sorcellerie bocaine. Jeanne Favret-Saada expliquait, dans une longue et séminale introduction, l'impossibilité de constituer tout savoir sur la sorcellerie sans tenir une des places du système : annonciateur, ensorcelé, désorceleur ou sorcier.
Elle rencontra le couple Babin, exploitants agricoles qui n'eurent de cesse de la mettre à la place de la désorceleuse, persuadés "qu'elle le faisait pour le bien" et qu'elle saurait mettre fin à la série des malheurs qui les touchaient (mariage non consommé, beurrées endémiques, difficulté à baratter etc.).
Le trouble dans la communication entre Jeanne Favret-Saada et les Babin, les incompréhensions réciproques et l'asynchronie des postures font avorter une…

Rosie Pink - Didier Lévy, Lisa Zordan

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Première chronique pour Page des Libraires, que cette revue et les éditions Sarbacane soient ici remerciées !

L'histoire : Rosie est la fille du grand Horace Pink, jardinier reconnu aux multiples roses, superbes, identiques et parfaitement alignées. La détermination paternelle à exclure toutes les mauvaises herbes pousse Rosie à leur offrir une deuxième chance. De rempotage en repiquage, Rosie Pink met en oeuvre tout le savoir-faire hérité pour sauver les plantes mal-aimées et réclame un petit carré de terre pour elles.
Et puis, au milieu pousse... une rose ! Rosie tente de la retirer : les roses ont bien assez de place avec son père, ici c'est le lieu des mauvaises herbes ! Serait-ce son père qui l'aurait planté ? Non !
Et Horace est bien surpris de voir que la plus belle des roses du manoir est la seule dont il ne se soit pas occupé...


Dès l'ouverture, la finesse du trait et de l'encrage de Lisa Zordan impressionnent (je ne connaissais pas, avec cependant une impress…

Les mots, la mort, les sorts - Jeanne Favret-Saada

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Jeanne Favret-Saada, s'installe dans le bocage mayennais en 1969. Elle va y rester trois ans. Professeur parisienne, l'ethnologue d'origine algérienne avait appris par certains de ses élèves la persistance de phénomènes de sorcellerie dans cette partie de la campagne française.

Ce "terrain" ethnologique en vaut bien un autre.

L'auteur va chercher des informateurs, comme tout ethnologue. Pourtant ceux-ci ne cessent de se dérober. La sorcellerie, c'était avant, c'est ailleurs, pas très loin, mais en tout cas pas ici. Ici on est civilisé. La sorcellerie c'est l'Autre. Dans tous les sens du terme.

Jeanne Favret-Saada se rend compte rapidement de l'impossibilité de tenir la place de la curieuse sur la sorcellerie. Cette place, celle de la science, est en contradiction même avec ce qui se joue de la sorcellerie. Car il s'agit d'abord d'une énonciation, d'un procès, au sens linguistique du terme. En sorcellerie, on est "pris&quo…

Le pouvoir des contes - Bernard Chouvier

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Quatrième envoi dans le cadre de l'opération Masse Critique. Que Babélio et les éditions Dunod soient ici remerciés !

Et là c'est une bonne pioche.

Les plus fidèles d'entre vous ont pu remarquer un enthousiasme mesuré lors des précédentes lectures Masse Critique (pour ceux qui l'ignoreraient, Masse Critique est une opération où, en échange d'un ouvrage gratuit, je rédige cette chronique dudit ouvrage) : , et .


C'est un drôle d'ouvrage que proposent les éditions Dunod, éditeur connu pour son sérieux. Non que Le pouvoir des contes ne le soit pas, mais plutôt que l'énonciation du propos est surprenante.
En effet l'auteur, psychologue et psychanalyste, laisse de côté le discours impersonnel des essais pour ancrer le texte dans une subjectivité assumée.
L'ouvrage débute ainsi : J'ai connu le plaisir des contes grâce à ma grand-mère, je veux dire la mère de mon père, car l'autre, je ne l'ai pas connue, j'ignore même jusqu'à son n…

La forêt d'Alexandre - Rascal

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Troisième envoi dans le cadre de l'opération Masse Critique. Que Babélio et les éditions A pas de loups soient ici remerciés !

La forêt d'Alexandre est l'écho lointain de L'homme qui plantait des arbres de Giono. Alexandre plante un arbre, qui devient, en quelque sorte, son ami. L'arbre grandit, devient un lieu de vie et de refuge pour jouer, lire, se reposer. La vie avance, la vie grandit, l'arbre aussi. Et puis, la vie et l'arbre dépassent Alexandre. Et il reste le vivant témoignage de la volonté et de la foi d'Alexandre. Cette foi de ceux qui croient qu'il y a quelque chose de plus grand dans ce monde, ici et maintenant. Derrière une apparente sobriété, le texte est d'une grande beauté, élégie lente et vivante du monde. Les illustrations, en regard du texte, sont sobres, douces et ouvrent à l'imaginaire. L'ouvrage de Rascal est ainsi autant à destination des plus jeunes que des plus grands. La forêt d'Alexandre est un chef-d'oeuvr…

Defixio - Sylvie Dupin

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Deuxième critique dans le cadre de l'opération Masse Critique. Que Babélio et les éditions Malpertuis soient remerciés pour l'envoi de Defixio !

Defixio, c'est l'histoire de Flavien, Paul, Flore et Salim.
Flavien, libraire fantasque, rend visite à Flore, la sœur de son compagnon Paul sur le site archéologique qu'elle dirige. Sur le bord d'un talus, celui-ci s'effondre, entraînant Flavien dans sa chute et révélant une tombe. Flavien a la jambe coincée et cassée dans la dalle et, évanoui, il se réveille la tête à côté d'un crâne et au bord de la noyade.
Récupéré par ses amis et se croyant quitte pour une belle peur, Flavien est cependant victime de brûlures, d'hallucinations visuelles et auditives, puis progressivement de crises de somnambulisme. La nuit... mais aussi le jour. La santé mentale de Flavien, semble vaciller, au grand désespoir de Paul. La solution aux troubles de Flavien ne serait-elle pas encore enfouie dans la crypte que Flore et son équi…