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Affichage des articles du 2015

Sept génies, voyage au centre de la littérature - Vincent Laisney

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La critique littéraire est une bibliothèque en soi.

C'est un monde, une pluralité de mondes. Des océans ou des abysses, la métaphore géographique est féconde. Empli d'écoles, de lectures et contre-lectures. De modes et de tocades, qui passent et qui repassent.
De biographies monumentales en ouvrages définitifs, de lectures transversales en intertextualité, de panoramas synchroniques en plongées diachroniques. Les livres sur les livres s'empilent, se superposent, s'écrasent, voire se stratifient jusque faire écran entre le lecteur et l’œuvre.


Un ouvrage de plus dira-t-on. Oui, et non.

L'ouvrage de Vincent Laisney fait totalement partie de cette galaxie (la métaphore géographique, encore) mais tel un pulsar, il se veut un guide. Et c'est là, à mon sens, qu'il réussit le mieux. Le projet de montrer l'unité de la culture européenne annoncé en introduction est vite oublié par la suite et somme toute de peu d'intérêt au regard de ce que propose l'ouvrage

Le Panorama illustré de la Fantasy et du Merveilleux (Andre-François Ruaud dir.) - 2e (et probablement définitive) édition

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Je l'appelai de mes vœux (), ils l'ont fait.

Bon, je n'ai pas dû être le seul vu que le crowdfunding sur Ulule (un nouveau mot pour un vieux principe : la souscription) a porté ses fruits au-delà du nécessaire et de l'espéré.

Il est arrivé, il est beau, vraiment très beau.

Boitage, signet, plus de 600 pages, tout en couleur (alors que le noir et blanc était dommage dans l'édition précédente) tout y est.

Que dire d'autre ? Que visiblement il y eut une chasse aux coquilles (la  faiblesse de cet éditeur pourtant remarquable) et celles qui restent sont celles que l'on ne peut éviter, surtout pour un ouvrage de cette ambition.
Pour le coup, le terme de "panorama" apparait un peu trop modeste, tant l'ouvrage ressemble plutôt à une encyclopédie. S'il ne saurait y avoir d'ouvrage définitif sur un courant littéraire en pleine vie, le Panorama est ce qui s'en rapproche le plus. Ainsi, bien plus que les entrées strictement biographiques qui cons…

Deezer, la playlist du moment

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Bon je vais enfoncer des portes ouvertes mais le flow de Deezer fonctionne méchamment bien... Cette playlist tourne en boucle, depuis 15 jours entre valeurs sûres et découvertes.

On y trouve pêle-mêle Archive, Massive Attack, Craig Armstrong, l'excellent Chinese Man, Death Las Vegas, Björk, Pink Martini Hooverphonic et les incontournables Portishead...

Raah, merci !







La loi du marché - Stéphane Brizé

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Trois posts un même jour, le blogueur n'est plus à une contradiction près...

Un film étouffant.

Ouverture à Pôle Emploi, sans générique. 
La caméra alterne entre Lindon et le conseiller dans un très long plan-séquence (technique utilisée plusieurs fois, qui n'est pas sans faire penser au dispositif duDélits Flagrants de Depardon). La violence de l'institution sur l'individu s'y affiche dans toute son obscénité.
Le film pourrait n'être qu'une dénonciation du capitalisme et de ses ravages, à l'image d'un cinéma social assez convenu.
Mais le propos de Stéphane Brizé n'est pas de montrer ce que fait le libéralisme, mais ce qu'il nous fait faire. Comment il rend les victimes complices de leur aliénation, bourreaux et gardiens d'un système sans espoir.
Vincent Lindon campe un chômeur taiseux devenu vigile de supermarché. Dans la scène-clé du film, son collègue plus expérimenté lui montre comment repérer les voleurs potentiels avec les 80 caméras du …

La réalité cachée, les univers parallèles et les lois du cosmos - Brian Greene

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Et oui deux posts d'un coup après autant de silence, ce n'est pas rien. Surtout que le deuxième contredit le premier...



Bon pour reprendre en douceur (!), juste pour vous dire que je lis à très petite vitesse l'essai de Brian Greene sur la théorie des cordes (mais pas que : astrophysique, astronomie, cosmologie, mécanique quantique et théorie de la gravitation quantique, rien que ça).






Disons que pour ma part j'en étais resté aux aventures d'Anselme Lanturlu (à télécharger toujours gratuitement ici, bravo à Jean-Pierre Petit !). Je me rends compte que toute l'imagerie mentale que je peux mobiliser sur le texte de Greene est directement tiré de l'iconographie d'Anselme Lanturlu.

Et puis il y eut le Cantique des Quantiques (d'Ortoli et Pharabod, lu il y a très longtemps...).


Alors j'absorbe autant que je peux, je m'accroche, je crois comprendre... un peu. Mais ce que j'attrape est proprement vertigineux...

C'est bien simple, quand j'ai l…

Blog en rade... la suite

Deuxième coup de mou pour ce blog, plus de 5 mois sans message, diantre...

Ce n'est pas faute de lectures, ni même de vie intellectuelle. Juste la vie tout court.
Toute courte.

Et la mort, aussi.

Mais justement tout cela va trop vite et j'écris trop lentement. Y reviendrais-je ?
Will I be back ? (oui je sais, référence lourdingue)

à très vite (peut-être)

Excalibur - John Boorman

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Revoir Excalibur de John Boorman.

Un film d'un autre temps. Celui du film et le mien.

Les scènes se succèdent, sans transitions narrative ou temporelle. Hallucinés, les acteurs hurlent leurs répliques, les yeux roulants et hystériques, à la moindre parole, chaque phrase, chaque mot est déclamé et semble condamner ou sauver un monde dans un état de rage permanent. Les rires sont fous.

Les armures brillent comme jamais elles ne brilleront. Les hommes ne les quittent jamais, même pour enfourcher les femmes.




Les chevauchées, les massacres se succèdent. Les fleurs couronnent les têtes, Helen Mirren toute jeune Morgane est d'une étrange beauté, Gabriel Byrne est un Uther furieux. La haine n'existe pas, seule l'hybris ininterrompue étreint les hommes, s'abat sur le monde s’arrête et reprends sans raison, l'amour est une peste pour le cœur de l'homme.



Liam Neeson est un Gauvain déjà reconnaissable, Patrick Stewart est déjà chauve et Guenièvre ressemble à une hippie.



Les …

1945, la découverte - Annette Wieviorka

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Alors que les célébrations du 70e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz  s’achèvent, paraît 1945 la découverte d'Annettte Wieviorka.

Il s'agit de raconter, pour l'historienne spécialiste de la Shoah, la découverte des camps de concentration par l'armée américaine, au fil de son avancée en Allemagne, durant le premier trimestre 1945. Elle s'attache pour cela la narration de Meyer Levin, journaliste américain, et le regard d'Eric Schwab, photographe français. Tous deux couvrent les dernières semaines du IIIe reich dans le sillage des unités américaines. Et tous deux sont Juifs.
Et de découvrir, stupéfaits, le premier camp d'Ordhruf, puis celui de Buchenwald, puis celui de Dora, Dachau et de Thekla et d'autres... Annette Wieviorka, dans une langue limpide, rend compte de ce double regard, de cette double stupéfaction. On y redécouvre ce que nous, hommes du XXIe siècle savons (ou croyons savoir).

Elle décortique la mise en place de mécanismes d…

Auschwitz, l'histoire de deux albums

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Je n'utiliserai aucun adjectif qualificatif quant à cet objet transmédia : Auschwitz, l'histoire de deux albums.

Pour la simple et bonne raison que je suis juge et partie, éditeur de ce projet qui m'occupe depuis plus de deux ans et dont la parution vient de s'achever.

Pas de mélange des genres, donc, mais juste une présentation de plusieurs documents qui, eux, sont exceptionnels. Trois documents qui composent un même univers transmédia.


Le livre l'Album d'Auschwitz dont il s'agit d'une réédition actualisée.
Il présente le fac-similé intégral d'un album de photos réalisé par les SS à l'intérieur du camp d'Auschwitz-Birkenau la dernière semaine de mai 1944. Il montre l'arrivée d'un ou plusieurs convois de Juifs de Hongrie, de la descente sur les quais jusqu'aux portes des chambres à gaz pour la grande majorité et l'entrée pour d'autres dans le camp de concentration à l'issue du processus de sélection.
Ce document est présen…

L'homme-dé - Luke Rhinehart

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Luke Rhinehart est l'homme d'un seul livre, mais quel livre !

Écrit en 1971, L'homme-dé est le livre d'une seule idée, une idée révolutionnaire qu'il exploite, qu'il explore, qu'il éprouve jusqu'à ses extrêmes limites. Jusqu'au point de non-retour, là où ira Luke.

L'histoire : Luke Rhinehart (à la fois auteur et personnage principal de l'ouvrage) est psychiatre à New York. A l'aube de la quarantaine il subit de plein fouet la mid-term life crisis chère à Woody Allen, bien avant que celui ne la donne à voir sur grand écran.
Hanté par la vacuité de son existence, par le détachement qu'il éprouve à l'égard des choses de la vie, des sentiments et de ses propres émotions, Luke, par une illumination quasi-paulinienne, réalise la contin- gence absolue qui semble régir le moindre des aspects de son existence. Si ses actes et émotions sont détachés de ce qu'est Luke, alors qu'est-il ? qui est-il ?
Finalement ce qu'on appelle "…

RIP Charb, Cabu, Wolinski et les autres...

La seule fois où j'ai parlé de Charlie Hebdo, c'était , c'était pour les caricatures.


#cul, #blasphème et #libertédexpression, tout y est http://t.co/K6dgYofm
— Cyril (@Cyril_lect) 5 Octobre 2012