Les livres qui résistent






Il y a des livres qui ne veulent pas être lus.

Je ne parle pas des livres que je n'ai pas envie de lire, dont la personnalité de l'auteur ou dont l'idée que je me fais de leurs ouvrages, de leurs thématiques ou du traitement qu'ils en font, ne m'intéressent pas.

Non, je parle des ouvrages que j'ai envie de lire, que j'ai acheté et dont je sais qu'ils vont me plaire, mais dont j'abandonne la lecture passé quelques pages. Ce sont mes livres voyageurs car à chaque vacances je les emmène avec moi. Ils ont fait beaucoup de kilomètres et chaque essai se termine en échec.

Petite revue de ce continent rétif :




Une histoire de la lecture (Alberto Manguel).
Dans cet essai, Alberto Manguel présente une histoire de la lecture autour du monde, alternant expériences sensibles et érudition. Un livre passionnant, savant, très savant, trop probablement. Ce livre me demande une trop grande disponibilité intellectuelle pour absorber un contenu aussi dense et ardu.





La horde du contrevent (Alain Damasio).
Une planète vitrifiée sauf une bande étroite balayée par des vents intenables. La horde du contrevent remonte le vent pour atteindre son origine. Un roman choral maitrisé où la voix des personnages est très forte. Un ouvrage absolument original avec un travail élaboré sur la langue et la forme : une syntaxe et un vocabulaire spécifique sur le vent et une numérotation à l'envers par exemple.
Ambitieux, peut-être trop pour moi.


 
Vélum (Hal Duncan).
Une histoire, des histoires qui se déploient en parallèle entre temps des hommes et temps mythique. Vélum narre la lutte entre deux factions d'amortels depuis que Dieu a déserté son trône. Les amortels se poursuivent, se chassent, se torturent en navigant dans tous ces temps qu'Hal Duncan m'a suggéré de voir en 3D lorsque je l'ai rencontré aux Utopiales. Mais c'est la lecture de Siegfried qui m'a fait comprendre ce qu'il voulait dire. Ne reste plus qu'à trouver le courage de m'y remettre.


La maison des feuilles (Mark Z. Danielewski).
Publié sur internet un temps La maison des feuilles a acquis le statut d’œuvre culte avant de paraitre en version papier. J'admire le travail de l'éditeur et du correcteur. L'ouvrage raconte l'histoire d'un jeune braqueur qui raconte l'histoire d'un carnet dans lequel se trouve l'histoire (vous avez compris le principe)... Bref des histoires enchâssées qui racontent l'achat d'une maison par une famille jusqu'à ce qu'ils découvrent que la maison est plus grande à l'intérieur que lorsqu'on prend les mesures à l'extérieur. De disparitions inexpliquées en tentatives d'explorations inabouties, le livre prend la forme, au sens littéral du terme des espaces explorés : le texte se met à tourner dans les escaliers en colimaçon etc. A cela s'ajoutent les témoignages du monteur du film que réalise l'acheteur de la maison, mais aussi des témoignages de spectateurs qui ont vu ce film confidentiel etc. etc.  La maison des feuilles c'est d'abord le livre lui-même, œuvre-collage, livre monstre face auquel le courage m'a toujours manqué. Là encore, ce livre, et ma réaction, sont une métaphore de l'histoire elle-même.




Confessions d'un automate mangeur d'opium (Fabrice Colin et Mathieu Gaborit).
Alors là je ne comprends pas : Mathieu Gaborit trouve en moi son fan le plus convaincu de tout l'ouest de la France, j'aime bien les écrits de Colin (je suis moins uniment enthousiasmé par ses écrits), j'adore l'esthétique steampunk dont les Confessions ont longtemps fait figure de manifeste lors de sa parution dans les années 90. Et pourtant je n'y arrive pas.
Mystère insondable.




Bastard Battle (Céline Minard).
Un texte ambitieux mélangeant termes médiévaux et esthétique manga, bref tout pour plaire. Mais là aussi, je cale. J'ai depuis rencontré Céline Minard à la TPL cette année et rencontrer un auteur donne toujours une autre couleur aux livres. Il faut que je réessaie. L'ouvrage dans sa version graphique ici.







 Une victoire cependant, après cinq tentatives, je suis allé au bout des Derniers rois de Thulé de Jean Malaurie que je n'ai plus lâché, une fois que c'était le bon moment.









Et vous ?

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