Destination Univers - J.-A Debats et J.-C. Dunyach



J'ai acheté ce livre pour de mauvaises raisons.

Dans la fabuleuse libraire des Utopiales, Laurent Genefort signait. Je n'avais lu que la Mécanique du Talion avec assez de plaisir. J'étais tenté par le double tome d'Omale nouvellement paru, mais j'avais cela faisait un peu cher pour moi. Bref, je suis resté sage puis j'ai vu qu'il avait participé à l'anthologie Destination Univers. Double occasion pour moi, la dédicace et l'achat d'un ouvrage des éditions Griffe d'encre dont j'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais.

Destination Univers est l'anthologie 2011 du festival Zone Franche, un recueil de nouvelles de space opéra.

J'adore le space opéra. Le space opéra ce sont les premières amours des fans de science fiction. On y arrive puis on va voir ailleurs. On découvre d'autres sous-genres : steampunk, uchronies, hard science...
Mais rien n'égale la jubilation d'un space opéra ample, ambitieux, qui bluffe, emporte et sidère le lecteur. En relire, en redécouvrir, c'est renouer avec la fascination de la découverte de la SF. Par ces vaisseaux spatiaux, par ces conflits galactiques, ces histoires d'espionnages, de manipulation, d'héroïsme, d'aventures, d'amour et de mort (comme diraient les auditeurs de la matière arthurienne à plus de huit siècles d'intervalles), on trouve un espace familier, un avenir que l'on re-connait, un espace où être, enfin. Un espace qui dit ce que l'on peut être et ce que l'on est. Un espace qui donne une vision du monde actuel, aussi paradoxal que cela puisse paraitre. Une vision politique, sociologique et même psychologique. Bien sûr cela ne se trouve pas dans toutes les histoires de science-fiction mais tellement plus souvent que dans la littérature blanche...

Je ne suis pas un fan des nouvelles, à peine a-t-on le temps de s'installer dans une histoire que, ça y est c'est déjà terminé, avec le un goût d'inabouti, d'inassouvi dans la bouche.
J'aime entrer dans une histoire, la laisser se déployer au long cours, poser ses galets et balises pour s'épanouir dans les dernières pages. Bref entrer dans un autre univers. J'aime les pavés, les sagas, malgré la tendance à tirer à la ligne parfois (mais non, je ne pense pas à Robin Hobb...). Le temps de l'exotisme et de la cohérence, de la découverte et de l'ingéniosité, le temps de la précision et du machiavélisme : Ian Banks, Dan Simmons, mais aussi Isaac Asimov offrent cela au lecteur (d'aucuns ajouteront Dune de Herbert qui reste pour moi une rencontre ratée).
Bref, la nouvelle très peu pour moi. Les revues qui les éditent également. Lecteur un peu suiviste parfois, il m'arrive de manquer d'audace pour lire les auteurs peu connus.

J'avais tort, encore une fois.

On m'objectera que les contributeurs de Destination Univers ne sont pas totalement inconnus du petit monde de la SFFF.
Mais surtout, quelle bonne surprise ! Bien sûr l'ensemble est inégal, par définition. Pourtant, l'ensemble est de très haute tenue. Je ne raconterai pas les huit histoires de l'anthologie.
Ma préférence est allée aux textes de Thomas Geha et d'Olivier Paquet. Les autres textes sont également très bons. Un seul défaut, commun à certains textes, mais pas à tous, est d'utiliser le système du huis-clos. J'en comprends l'efficacité rédactionnelle surtout dans le cadre contraint d'une nouvelle, mais cela réduit "l'ampleur cosmique" du propos, spécifique au space opéra. Cela n'est pourtant pas bien grave au vu de la qualité de l'ensemble.
Dans les deux cas des textes que je préfère, ils s'insèrent dans des mondes plus grands que la nouvelle : La guerre des Chiffoneurs pour l'un et le Melkine pour l'autre. Ce n'est qu'un hasard mais un hasard qui tombe bien. De nouvelles lectures en perspectives.

A qui l'offrir ?

- à ceux qui croient que la SF est seulement anglo-saxonne ;
- à ceux qui aiment l'aventure spatiale.

Pour prolonger la lecture

Si vous avez aimé Destination Univers vous aimerez peut-être :




- NSO, New Space opera, anthologie de Gardner Dozois, par des auteurs uniquement anglo-saxons, pas encore lue à l'exception de la nouvelle de Dan Simmons.









- les liens plus hauts vers les œuvres d'Asimov, Banks ou Simmons sont hautement recommandables.



- un autre space opéra, La stratégie Ender d'Orson Scott Card.



- tout sur le space opéra dans l'ouvrage des Moutons électriques, déjà évoqué ici.



- un autre recueil de nouvelles, Nouvelle vie tm de Pierre Bordage, mais un peu moins convaincant et hors du champ du space opéra stricto sensu.

Commentaires

  1. Destination Univers est une très bonne antho !
    Foi de lectrice de nouvelles ;-)

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  2. oui, il s'insérerait bien dans ton Challenge !

    Merci de ton passage.

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  3. Comme toi, je ne suis pas grande lectrice de nouvelles, et me laisse surprendre parfois par de bonnes découvertes : il s'en trouve forcément dans une recueil. Par contre, je ne suis pas bien fan de space opera...

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  4. Honnêtement, il s'agit d'un recueil très recommandable... Bonne lecture et merci du passage.

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