Un chien dans la tête - Stéphane Jaubertie




Je n'ai pas lu ce livre. Je n'aime pas lire le théâtre. Je n'en lis pas.
Je l'ai vu et je fais partie des derniers.
J'ai vu la pièce la semaine dernière à Angers et c'était une des dernières représentations.

Olivier Letellier a demandé à Stéphane Jaubertie d'écrire pour lui une pièce sur un thème universel.
Un thème dont l'absence est assourdissante dans la production culturelle qui nous baigne : la honte.
La honte enfantine.
Parce que, comme le dit Olivier Letellier, si, quand il était enfant, il avait pu voir un tel spectacle, cela l'aurait peut-être aidé, plus tôt, à faire face à la honte, à sa honte intime. De celle que nous partageons tous et qui n'appartient qu'à nous.
La honte enfantine est peut-être le sentiment le plus partagé et le plus tu. Celui pour lequel il existe le moins de médiation artistique. De celles qui nous aident à nous relever lorsque nous trébuchons en nous même.
Je suis sorti bouleversé de la représentation non pas, comme l'a dit une des spectatrices lors du bord de scène, parce que ce texte et la représentation s'adressent à la fois aux adultes et aux enfants, mais parce que ce texte et cette mise en scène incandescents, interpellent l'adulte et l'enfant qui vit en chacun de nous.

Jaubertie et Letellier ont effectué un travail impressionnant en ce qu'il dit avec justesse, précision, et cruauté la violence et la honte qui irriguent le monde enfantin. Cependant, ils montrent à tous les enfants-spectateurs, jeunes ou adultes, les chemins et les paysages intérieurs qui affranchissent de la honte.

Il faut également parler du spectacle lui-même. Le travail de scénographie est limpide et les lumières sont somptueuses, les trois acteurs incarnent avec puissance et subtilité tous les personnages du cercle toxique de la honte.



Un chien dans la tête est un grand moment de réconciliation avec soi-même et avec le monde.
Un spectacle de salubrité publique. Une catharsis, littéralement.


A qui l'offrir ?

- à tous de 7 à 77 ans car comme dit Boris Cyrulnik "on tous connu la honte que ce soit deux heures ou vingt ans".
Mais surtout à aller voir, si l'occasion s'en représente.

Pour prolonger la lecture

- un dossier pédagogique auquel j'ai participé, et je n'en suis pas peu fier ;
- la compagnie Le théâtre du Phare, d'Olivier Letellier

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Mourir de dire, la honte de Boris Cyrulnik, ma prochaine lecture.

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